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Forces de la Nature

Cet arbre détecte l’eau sous la terre

thibaut_vernier

Chère amie, cher ami,

Mon dernier message sur la verveine officinale et son bain de bouche druidique vous a plu :

J’ai reçu des dizaines de commentaires.

Et j’ai déjà répondu à la plupart d’entre vous 🙂…

« Lettre très intéressante, largement documentée, détails approfondis ; vous avez remué et dépoussiéré des recherches et les conclusions de plusieurs siècles d’érudits. Beau travail, j’y ai beaucoup appris. » Marianne

« Ce que vous transmettez n’est pas seulement de la science, mais c’est génial… Quelle merveille… Vous êtes une merveille vous aussi. » Steliana

« Génial ! Très intéressant ! Je m’en vais dès aujourd’hui acheter de la verveine (feuilles et tiges) et commencer les bains de bouche. Un grand merci ! » Claudine

« Très instructif sur la verveine officinale que je ne connaissais pas — je m’en ferai des tisanes ! Merci. » Anne-Marie

« Merci pour vos infos. À pratiquer… » Viviane

À toutes et à tous, MERCI !

Vos messages prouvent notre besoin urgent de réapprendre et de nous réapproprier les Médecines Sacrées.

Pas simplement pour préserver ses connaissances, mais aussi parce l’exploration des remèdes utilisés par nos ancêtres mènera à de nouveaux traitements naturels contre les maladies qui ravagent notre civilisation moderne…

Poursuivons notre chemin à la rencontre d’un autre arbre sacré que les anciens utilisaient pour détecter les nappes d’eau sous la terre

… et de la cure que prescrivaient les Dr Leclerc en 1935 et Dr Valnet en 1972 contre les jambes lourdes du soir et le gonflement de vos chevilles.

Allez c’est parti ! 🤠

L’enquête commence à Oxford, en 2017

En novembre 2017, Sally Le Page, chercheuse à Oxford, publie une enquête qui devrait sidérer chaque ingénieur de ce pays :

Dix des douze compagnies des eaux du Royaume‑Uni admettent utiliser la radiesthésie pour localiser leurs canalisations, sans qu’aucune preuve scientifique n’en valide l’efficacité [2].

Cet article m’a frappé.

Parce que dans la tradition européenne attestée, la baguette du sourcier aussi utilisée en radiesthésie vient d’un arbre précis [16][17].

L’arbre exact dont je veux vous parler ce matin : le noisetier commun (Corylus avellana) aussi appelé coudrier, que les Irlandais appelaient coll et les Celtes vénérés.

Neuf mille ans plus tard, ses feuilles séchées soignent encore, par la chaîne Leclerc 1935 → Valnet 1972, vos jambes lourdes du soir [21][25].

Pourquoi le même arbre accompagne‑t‑il les peuples celtiques depuis neuf millénaires ?

Entrons dans ce cinquième carnet d’exploration.

Je précise que le fil est plus long qu’il n’y paraît, et qu’au bout, il y a 25 grammes de feuilles séchées et une casserole d’eau…

Neuf mille ans de noisettes attesté

Tout commence à Mount Sandel, près de Coleraine, où les fosses domestiques des premières habitations confirmées d’Irlande livrent des coques carbonisées datées à c. 7 850-7 750 av. J.‑C. [3].

À Staosnaig, sur l’île écossaise de Colonsay, une fosse de 4,5 mètres de diamètre contenait 30 000 à 40 000 noisettes entières [4][11].

(Trente mille noisettes pour clore une saison : c’est le geste des premiers chasseurs-cueilleurs des îles britanniques.)

À l’âge du fer celtique, le noisetier devient une institution juridique.

Neuvième lettre de l’alphabet ogamique (ᚉ), le noisetier est nommé cainfidh dans le Bríatharogam Morainn mac Moín, « le plus juste des bois » [5][6].

Le Bretha ComaithchesaLois du Voisinage »), traité juridique vieil‑irlandais du VIIIᵉ siècle, classe vingt‑huit arbres et arbustes en quatre rangs sociaux.

Parmi les sept « nobles de la forêt » (airig fedo), aux côtés du chêne, du houx et de l’if.

Peine pour abattage illicite : deux vaches laitières et demie [12]… et vous allez bientôt comprendre pourquoi.

L’arbre qui contient toute la connaissance du monde

Voici la légende des bardes irlandais enseignaient au moyen âge à son égard :

Au cœur de l’Irlande, à l’endroit où la rivière Boyne sort de la terre, il existe un puits qu’on appelle Tobar Segais, « le Puits de la Sagesse ».

Neuf noisetiers se penchent au‑dessus de son eau.

Chaque automne, leurs noisettes tombent dans le puits et libèrent, dans la bouche du saumon qui s’en nourrit, toute la connaissance du monde.

Ce saumon s’appelle Eo Fis, le Saumon de la Connaissance.

Quiconque mange sa chair, dit la légende, devient à son tour porteur de cette sagesse [8].

Pendant sept ans, le poète‑druide Finn Eces a pêché ce saumon.

Quand il l’attrape enfin, il en confie la cuisson à son jeune apprenti, Fionn mac Cumhaill, en lui interdisant de goûter la chair.

L’enfant brûle son pouce sur la peau du saumon, le porte à la bouche pour soulager la brûlure, et devient en un éclair le plus grand héros de l’Irlande mythique [8].

Cette légende dit trois choses précises sur l’arbre :

  1. Qu’il y en a neuf (chiffre rituel celtique),
  2. Que sa connaissance passe par l’eau comme la baguette du sourcier passe par l’eau cachée sous la terre,
  3. Et qu’elle se transmet par ingestion : manger la noisette, manger le saumon, boire l’infusion des feuilles.

Mais cet arbre des poètes et des saumons est aussi l’arbre des crosses druidiques, ces insignes d’autorité que les druides irlandais tendaient devant eux.

Le sourcier, l’évêque et le druide tenaient le même bois.

Quand l’Irlande se christianise au Vᵉ siècle, les crosses changent de main.

La plus célèbre, le Bachall ÍosaBâton de Jésus »), est attribuée à saint Patrick : un coudrier recouvert d’or et serti de gemmes [14].

En 1538, sous Henri VIII, l’archevêque George Browne fait brûler publiquement le Bachall Íosa à Dublin : geste calculé pour humilier le catholicisme irlandais [14].

Le bois rituel disparaît des trésors d’Armagh.

Et pourtant, dans les cuisines paysannes du Connemara, des Highlands écossais et de Basse‑Bretagne, les feuilles du même arbre continuent de bouillir le soir sur les jambes des lavandières.

Cinq siècles plus tard, dix des douze compagnies des eaux britanniques tiennent toujours la baguette [2].

Le bois a brûlé mais bien sûr, le geste est resté.

Rituel de la baguette du sourcier

Pouvoirs du noisetier

selon la tradition celtique

Détection des nappes d’eau souterraines, des veines métalliques, des sources cachées, des objets perdus, parfois des cadavres et des trésors. Le pouvoir le plus universellement attesté, depuis Agricola (De re metallica, 1546) jusqu’à Robert Kirk (Secret Commonwealth, 1691), reste celui de l’eau.

Usage magique

Divinités tutélaires : Brigid en Irlande, Manannán mac Lir dans l’île de Man, sainte Anne ou la Vierge des Sources en Bretagne armoricaine.

Trois interdits transmis :

  • ne jamais montrer la baguette à un septième fils non initié ;
  • ne jamais l’utiliser pour des intentions vénales sans contre-don à la source ;
  • ne pas casser ni brûler une baguette en service — il faut la rendre à la terre, au pied d’un autre coudrier.

Ingrédients

  • Une fourche fraîche de noisetier en Y, coupée le matin, équilibrée à un poignet d’écart entre les deux branches, le tronçon central faisant une vingtaine de centimètres.
  • Une lame propre — la tradition dit : « pas de fer rouillé ».
  • Un terrain à explorer : jardin, prairie, talus, lisière.

Préparation et protocole

  1. Choisir l’arbre. Repérez un noisetier sain, à l’orée d’un bois ou sur un talus, dont les rameaux de l’année sont droits et souples. Évitez les sujets malades ou ceux qui poussent contre un mur — leur orientation est faussée.
  2. Couper la fourche. Sélectionnez une fourche en Y bien régulière. Coupez net, à la lame, en remerciant l’arbre (la tradition celtique l’exige). Si la coupe est franche, l’arbre cicatrisera sans dommage.
  3. Équilibrer la prise. Tenez chaque branche du Y dans une main, paumes vers le ciel, coudes à hauteur de hanche. Le tronçon central pointe vers l’avant, légèrement relevé. Vos poignets sont à un poignet d’écart l’un de l’autre, pas plus.
  4. Marcher lentement. Avancez à pas réguliers, sans regarder la baguette. Pensez à l’eau que vous cherchez : la formulation mentale claire fait partie du protocole.
  5. Sentir le « plongeon ». Au passage d’une nappe ou d’une veine souterraine, le tronçon central s’incline vers le sol, parfois brutalement, parfois en douceur. Notez l’endroit. Reprenez le passage perpendiculairement pour confirmer.
  6. Rendre la baguette. À la fin de la séance, déposez la fourche au pied d’un autre noisetier, ou enterrez-la quelques centimètres sous l’humus. Jamais le feu.

Le secret thérapeutique du noisetier

Ce que les druides nommaient Coll des sourciers portait dans ses feuilles un secret qui a survécu à la christianisation, au bûcher de 1538, et à l’industrialisation pharmaceutique du XXᵉ siècle.

Car dans la médecine populaire celtique et européenne, les feuilles séchées du noisetier sont le remède de référence pour ce que la médecine moderne nomme insuffisance veineuse : varices, jambes lourdes, œdèmes, hémorroïdes, ulcères variqueux [20][21].

L’incarnation paysanne mérite d’être restituée.

Dans les Pays celtiques, les moissonneurs courbés sur la faux, les bergers debout sur les pentes humides, les lavandières restées des heures dans l’eau froide des lavoirs, les femmes de marin guettant le retour sur le rivage, soignaient leurs jambes lourdes par cataplasme de feuilles bouillies, sous une bande de toile écrue.

On sentait alors la chaleur humide passer à travers la toile, et la pesanteur du soir reculer cran après cran.

La pratique est attestée jusque dans les années 1960 en Basse‑Bretagne et dans le Connemara (Allen et Hatfield, 2004).

Trois surnoms populaires disent la fonction circulatoire : Arbre qui tient les eaux (Bretagne), Bois du sourcier, Coudrier des veines (XIXᵉ siècle français).

Les autorités antiques l’avaient pressenti sans l’organiser cliniquement.

Pline l’Ancien, dans son Histoire Naturelle (vers 77 de notre ère), recense déjà le noisetier sous le nom de corylus dans la pharmacopée gauloise [29].

Dioscoride, lui, consigne trois usages des noisettes : toux ancienne au miel et à l’eau, rhume au poivre, et onguent contre la calvitie à base de coques calcinées [30].

C’est bien plus tard chez John Gerard dans son Herball de 1597, que l’astringence migre vers les feuilles et les chatons [31]: par siècles d’usage paysan, elle gagnera les capillaires veineux des jambes.

Et c’est là que tout va commencer à se recouper.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’importation de l’hamamélis américain (le veinotonique végétal de référence en Europe à l’époque) devient impossible en France occupée.

Un médecin parisien va alors démontrer à ses confrères que la feuille de noisetier possède des propriétés vasoconstrictrices et anti‑œdémateuses équivalentes à celles de l’hamamélis, et que la France a sous ses haies, gratuitement, le remède qu’elle importait à grand prix [21].

Ce médecin s’appelle Henri Leclerc.

La chaîne Leclerc → Valnet : 1935-1972

Henri Leclerc (1870-1955), inventeur du terme « phytothérapie » en 1913, formalise dans son Précis de phytothérapie (Masson, 1922) l’usage de Corylus avellana feuille pour l’insuffisance veineuse [22][23][24].

Voici les posologies qu’il y consigne, et que je vous transmets ce matin :

  • Infusion : 25 g de feuilles séchées pour 1 litre d’eau bouillante, macération toute la nuit, 2 à 3 tasses par jour entre les repas
  • En extrait fluide, compter 60 à 80 gouttes par jour dans un peu d’eau
  • Compresse externe : linge imbibé d’infusion concentrée, appliqué tiède sur jambes lourdes, varices, ulcères variqueux

Jean Valnet (1920-1995) les reprend dans sa Phytothérapie (Maloine, 1972) [25] : veinotonique, astringent, anti‑œdémateux, pour varices, jambes lourdes, phlébite, œdèmes des membres inférieurs, hémorroïdes [21][25].

Et pourtant, aucun essai clinique moderne n’a jamais été conduit sur la feuille.

L’arbre qui bloque la division des cellules cancéreuses

Et puis il y a ce qu’aucun druide ne pouvait formuler, et qui change la lecture de l’arbre.

En 1998, l’équipe d’Angela Hoffman publie dans Spectroscopy un résultat resté d’abord inaperçu : les feuilles et les coques du noisetier synthétisent une substance qu’on ne supposait produite que par l’if du Pacifique : le paclitaxel [9].

Vous la connaissez sous son nom commercial, Taxol® : l’un des anticancéreux les plus utilisés au monde contre les cancers du sein, de l’ovaire, du poumon.

Son mécanisme : elle se fixe sur les microtubules du fuseau mitotique et bloque la division des cellules.

Elle bloque le mouvement des cellules malades.

Bestoso confirme la synthèse par le noisetier en 2006 [10].

Ottaggio démontre en 2008 que les extraits de feuilles et de coques bloquent in vitro la division de cellules tumorales humaines [26].

Et Hoffman & Shahidi quantifient en 2009 : 8,61 à 68,22 microgrammes par gramme de matériel sec dégraissé [27].

La quantité reste modeste, certes !

Mais l’industrie pharmaceutique s’y intéresse désormais comme source alternative renouvelable [28].

L’arbre des « neuf noisettes de la Connaissance » contient donc bien une molécule qui interfère avec la division des cellules cancéreuses.

Une « connaissance qui bloque le mouvement ».

La « connaissance suprême » des druides de Munster prend, sous l’œil du chromatographe, un sens littéral.

Que savaient‑ils, et que nous ont‑ils transmis sans le formuler ?

Neuf mille ans de gestes ne se trompent peut-être pas tout à fait.
Thibaut Vernier Ingénieur et ethnobotaniste, rédacteur de la lettre des Médecines Sacrées.

P.S. Pour préparer votre infusion ce soir, versez 1 litre d’eau frémissante (pas bouillante) sur 25 grammes de feuilles séchées de noisetier. Couvrez. Laissez macérer toute la nuit. Filtrez le matin. Buvez deux tasses entre les repas dans la journée : la première vers 11 heures, la seconde vers 17 heures. La cure se conduit en accord avec un médecin si vous prenez un anticoagulant.

Sources

[1] Latoon fairy bush, Heritage Trees of Ireland, 2013.

[2] Sally Le Page, « In 2017, UK water companies still rely on ‘magic’ », Medium, 20 novembre 2017.

[3] Bayliss A. & Woodman P., « A New Bayesian Chronology for Mesolithic Occupation at Mount Sandel, Northern Ireland », Proceedings of the Prehistoric Society 75, 2009.

[4] Mithen et al. 2001.

[5] McManus D., A Guide to Ogam, 1991.

[6] Bríatharogam Morainn mac Moín, glose coll .i. cach ac ithi a chno.

[7] Lebor Gabála Érenn, Macalister ed. 1941.

[8] Macgnímartha Finn, Salmon of Knowledge.

[9] Hoffman A. et al., « Bioprospecting for Taxol in angiosperm plant extracts », Spectroscopy 13(6):22-32, 1998.

[10] Bestoso F. et al., BMC Biotechnology 6:45, 2006.

[11] Bishop R., Church M. & Rowley-Conwy P., « Seeds, fruits and nuts in the Scottish Mesolithic », Proceedings of the Society of Antiquaries of Scotland 143:9-71, 2014.

[12] Fergus Kelly, « The Old Irish tree-list », Celtica 11, 1976.

[14] Bernard de Clairvaux, Vita Sancti Malachiae, c. 1149 ; Bachal Isu ; Annals of the Four Masters, A.D. 1538.

[16] Agricola, De re metallica, 1546.

[17] Robert Kirk, The Secret Commonwealth of Elves, Fauns and Fairies, 1691.

[19] Alexander Carmichael, Carmina Gadelica, 1900.

[20] Amaral J.S. et al. 2005 ; Bottone 2019.

[21] Christophe Bernard, « Feuille de noisetier (Corylus avellana) », AltheaProvence.

[22] Catalogue collectif de France (CCFr / BnF), notice Précis de phytothérapie, Masson 1922/1954.

[23] Therapeutes Magazine ; Doctonat.

[24] Encyclopædia Britannica, article « Henri Leclerc » ; Guitard, Revue d’histoire de la pharmacie 42(142):339, 1954.

[25] Jean Valnet, Wikipedia fr ; Aromacopa ; Wikiphyto.

[26] Ottaggio L. et al., J Nat Prod 71(1):58-60, 2008.

[27] Hoffman A. & Shahidi F., « Paclitaxel and other taxanes in hazelnut », Journal of Functional Foods 1:33-37, 2009.

[28] Yang Y. et al., « Genome sequencing and analysis of the paclitaxel-producing endophytic fungus Penicillium aurantiogriseum NRRL 62431 », BMC Genomics 15:69, 2014.

[29] Pline l’Ancien, Naturalis Historia, livre XV, ch. 24.

[30] Dioscoride, De Materia Medica, livre I, karya pontika.

[31] John Gerard, The Herball or Generall Historie of Plantes, 1597.

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