Skip to main content

Découverte stupéfiante d’un neurologue dans la litière d’un chinchilla

Le Shilajit Andin « décrasse » vos neurones

Image

Par Thibaut Vernier – vendredi 11 septembre 2026


thibaut_vernier

Chère amie, cher ami,

Si vous attendez de moi que j’annonce que le Shilajit contient un actif « nettoyeur » capable de dissoudre les amas de protéines responsables de la maladie d’Alzheimer…

… j’ai le regret de vous informer que la suite de cette lettre ne pourra jamais vous le prouver avec certitude.

La raison tient à un bien triste contretemps.

Le Dr. Ricardo Maccioni, neuroscientifique chilien de renommée mondiale qui consacrait sa vie à en apporter la preuve, s’est éteint en mars dernier à l’âge de 80 ans [1].

Tout l’enjeu de cette lettre est donc de lui rendre l’hommage qu’il mérite

… Tout en essayant de comprendre par quel curieux hasard le Shilajit, prescrit depuis plus de mille ans dans trois médecines traditionnelles contre l’amnésie, les céphalées ou encore l’épilepsie…

… s’est retrouvé en 2021 dans un essai de Phase II, randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo, publié dans le Journal of Alzheimer’s Disease [2].

Bon, je vous le concède, la probabilité que cela soit dû au hasard est à peu près la même que celle de croiser un chinchilla chilien en train de lire le journal…

Le mécanisme redoutable d’Alzheimer enfin révélé au grand jour ?

Image

Professeur de neurologie et de neurosciences à l’Université du Chili, le Dr. Ricardo Maccioni n’était pas le premier venu [1].

Dès 2009, à la tête du Centre international de biomédecine, il avance une hypothèse qui a fait glousser ses confrères : la neuro-immunomodulation.

Derrière ce mot barbare se cache une idée simple : l’inflammation chronique du cerveau ne serait pas une simple conséquence de la maladie d’Alzheimer, mais son véritable détonateur.

Le mécanisme est d’une simplicité redoutable.

Lorsque l’inflammation s’installe, des protéines pourtant utiles en temps normal (les protéines tau et bêta-amyloïdes) se déforment, s’agglutinent et forment d’imposants amas appelés fibrilles, qui étouffent progressivement vos neurones.

C’est à peu près là que les gloussements de ses détracteurs ont mué en râles.

Car en étudiant les molécules capables d’éteindre cette inflammation, le Dr Maccioni et son équipe découvre un actif au comportement inédit :

Une sorte de « nettoyeur » cellulaire capable d’empêcher ces fibrilles de se former et, mieux encore, d’aller désassembler les paquets déjà collés.

Les chiffres sont d’une précision toute scientifique : en laboratoire, cet actif (l’acide fulvique) bloque 85 % de l’agrégation de tau et désassemble les fibrilles déjà formées, de manière très docile et proportionnelle à la dose [3].

Une observation qui serait restée une gentille curiosité de laboratoire… si ce fameux « nettoyeur » n’était pas un composé majeur du Shilajit.

Le Shilajit des Andes mi-roche, mi-chinchilla

Comme la science aime les clins d’œil, le Pr. Maccioni n’a pas eu besoin de faire venir du Shilajit de l’Himalaya. Non, il lui a suffi de lever les yeux vers la Cordillère des Andes.

Là-haut, la résine de Shilajit exsude aussi à travers la roche.

Mais c’est aussi dans ces mêmes crevasses que de petits rongeurs locaux, les chinchillas et les viscaches, adorent nidifier…

En squattant ces failles rocheuses pendant des siècles, ces petits animaux ont enrichi la résine minérale de leurs propres empreintes biologiques, créant une variété chilienne unique au monde.

C’est cette double origine, mi-roche, mi-animale, qui offre au Shilajit des Andes les propriétés exceptionnelles qu’on lui mesure aujourd’hui en laboratoire.

Et le Chili n’a rien d’une exception géographique : dans l’Himalaya ou au Tibet, ce sont les marmottes de haute montagne, les pikas et les écureuils volants qui viennent enrichir les filons de résine de leurs déjections millénaires [4, 5].

Autrement dit, l’une des pistes naturelles les plus sérieuses contre la maladie du siècle doit autant aux mouvements tectoniques qu’à la litière de rongeurs de montagne [6]

Au passage, j’ai une pensée émue pour toutes ces marques de compléments alimentaires qui estampillent leur Shilajit « 100 % végétal et végane« …

C’est mignon, mais c’est oublier un peu vite le travail du chinchilla.

Il n’a pas fallu attendre un neurologue pour inventer le nettoyage de cerveau

C’est lorsque je me suis penché sur mon propre mémoire d’ethnopharmacologie que j’ai compris que des médecins prescrivaient le Shilajit contre les troubles du cerveau bien avant que la neurologie n’existe [6].

Les Anciens avaient un vocabulaire très imagé pour dire qu’un cerveau s’encrasse et qu’une résine peut le décrasser.

En Ayurvéda, le Charaka Samhitā range le Shilajit parmi les medhya rasāyana, c’est-à-dire les régénérants de l’intellect : des substances censées aiguiser l’intelligence, stabiliser la rétention et raviver la mémoire [7, 8].

Le Suśruta Samhitā va plus loin et l’associe à l’amnésie, l’épilepsie, les migraines, les paralysies et la folie [6].

En Perse, la formule est encore plus sobre car la résine « vivifie le cerveau » [6]. Dans la médecine des humeurs, le Shilajit est classé chaud et sec, doté de propriétés dissolvantes. Ce n’est pas un mécanisme moléculaire, bien sûr, mais l’intention est limpide [9].

Les chercheurs ont d’ailleurs exhumé une recette bien concrète dans le Mansuri fi al-Tibb d’al-Rāzī : du Shilajit (mūmiyāʾī) mêlé à de l’huile de lys, à verser en gouttes dans le nez contre les céphalées chroniques [9].

Chez Dioscoride, médecin de l’armée de Néron au Iᵉʳ siècle et référence médicale absolue pendant plus de quinze siècles, on retrouve la même résine, cette fois administrée en fumigation contre l’épilepsie et en plâtre contre la léthargie [10, 11].

Mais c’est en Perse que la scène est la plus singulière.

Un hakim (savant et médecin) incline la tête d’un patient qui souffre de céphalées chroniques depuis des mois, puis tiédit dans ses paumes un flacon d’huile de lys chargée de la résine, et lui instille le mélange dans la narine.

L’homme n’a aucune idée de ce qu’est une protéine Tau. Mais il sait qu’il veut atteindre la tête par le nez, et que la résine peut dissoudre quelque chose pour vivifier le cerveau [8]…

Cette idée d’un résidu à dissoudre avec une substance, c’est exactement ce que Maccioni mesurera mille ans plus tard.

Dix ans d’efforts étalés sur la paillasse d’un laboratoire chilien

En 2011, dans le tube à essai : l’acide fulvique bloque la formation des fibrilles de tau et va gentiment détricoter celles qui s’étaient déjà agglutinées [3].

En 2012, chez l’Homme : Carrasco-Gallardo, Maccioni et leurs collègues testent pour la première fois chez l’humain un cocktail associant Shilajit andin et vitamines B6, B9 et B12, baptisé BrainUp-10® [12, 13].

Cinquante volontaires sains prennent 300 mg deux fois par jour pendant six mois et rapportent plus d’énergie et une meilleure mémoire [13].

En 2021, Guzmán-Martínez, Maccioni et leur équipe passent aux choses sérieuses avec un essai multicentrique de Phase II chez 82 patients chiliens atteints d’Alzheimer léger à modéré, suivis pendant 24 semaines [2].

Le critère principal n’était pas la mémoire, mais l’apathie, ce repli silencieux qui vide les malades de leur élan. Dès la 4ᵉ et à la 12ᵉ semaine, les aidants décrivent des patients plus éveillés, avec des scores significativement meilleurs que sous placebo et aucun effet indésirable n’est à déplorer [2].

Curieusement (et c’est ici que l’honnêteté scientifique m’oblige à refroidir la salle), le test MMSE, la mesure de référence du déclin cognitif, ne montre aucune différence statistique entre le groupe traité et le placebo [2].

De la paillasse de Santiago aux laboratoires des chercheurs du monde entier

Pourtant, plus tard en 2023, d’autres équipes cultivent des neurones d’hippocampe de rat en présence d’extraits de Shilajit andin. Ils observent alors que les neurones se mettent alors à tisser plus de connexions entre eux

L’équipe va même jusqu’à isoler deux molécules candidates, dont un oléamide connu pour empêcher la bêta-amyloïde de s’accumuler autour des neurones (cette fameuse protéine qui, avec la protéine tau, forme les amas qui encrassent nos neurones) [14].

Enfin, en 2024, une équipe coréenne teste trois Shilajits venus de trois massifs montagneux différents (l’Altaï sibérien, le Gilgit pakistanais et le Pamir tadjik) sur des neurones humains pilonnés à la bêta-amyloïde [15].

Ce qu’ils observent, c’est que les trois résines protègent les neurones.

Mais la résine de Shilajit de l’Altaï a un petit truc en plus. Elle éteint l’interleukine-1β chez la souris, c’est-à-dire LA cytokine inflammatoire désignée par Maccioni comme le véritable détonateur de la maladie d’Alzheimer.

Plus surprenant encore, elle fait repasser l’inflammation sous le niveau du médicament de référence, et même sous celui des souris témoins en parfaite santé.

Cependant, lorsque les chercheurs testent les composés isolés un à un, il ne se passe strictement rien. C’est la résine dans sa totalité qui agit, en orchestre, et non une molécule vedette travaillant en solo.

Le Dr. Ricardo Maccioni s’est éteint le 21 mars dernier [1].

Mille ans de tradition lui avaient passé le témoin, il l’a porté jusqu’à la Phase II, puis l’a laissé posé sur la paillasse d’un laboratoire de Santiago.

Quelqu’un finira bien par nous rallumer la lumière.

Portez-vous bien,

Thibaut Vernier
Ingénieur et ethnobotaniste, rédacteur de la lettre des Médecines Sacrées

Sources

[1] Universidad de Chile, Facultad de Ciencias (2026). « La Facultad de Ciencias lamenta el fallecimiento del Dr. Ricardo Benjamín Maccioni Baraona (Q.E.P.D.) ». Notice institutionnelle, décès le 21 mars 2026.

[2] Guzmán-Martínez L., Farías G.A., Tapia J.P., Sánchez M.P., Fuentes P., Gloger S., Maccioni R.B. (2021). « Interventional Study to Evaluate the Clinical Effects and Safety of the Nutraceutical Compound BrainUp-10® in a Cohort of Patients with Alzheimer’s Disease ». J Alzheimers Dis, 81(3), 1231–1241.

[3] Cornejo A. et al. (2011). « Fulvic acid inhibits aggregation and promotes disassembly of tau fibrils associated with Alzheimer’s disease ». J Alzheimers Dis, 27(1), 143–153.

[4] Shah N.C. (2024). History of the Drug Shilajit from Ladakh and Kumaon: A Review. Innovative Research in Ayurvedic Sciences, 4(1).  

[5] Cao Y. et al. (2016). Ethnobotanical study on Tibetan medicine Zha-xun (Shilajit). China Journal of Chinese Materia Medica, 41(24), 4663-4669.  

[6] Vernier T. (2024). Shilajit (Mumijo) : origines, distributions, convergences des usages traditionnels et avancées cliniques. Revue de littérature scientifique, Mémoire de la Société Française d’Ethnopharmacologie (SFE).

[7] Caraka Samhita Online. « Rasayana Chikitsa Adhyaya ». Commentaire contemporain : shilajatu rasāyana, digestion de l’āma et obstructions des canaux.

[8] Narayana D.B.A. et al. (2023). « Overview of approaches in ayurveda for neurological health and disorders ». Ayurvedic Herbal Preparations in Neurological Disorders, Academic Press, p. 41–88. (medhya rasāyana : dhī, dhṛti, smṛti)

[9] Shahriari M., Zare F., Nimrouzi M. (2018). « The Curative Role of Bitumen in Traditional Persian Medicine ». Acta Medico-Historica Adriatica, 16(2), 283–292.

[10] Petrovska B.B. (2012). « Historical review of medicinal plants’ usage ». Pharmacognosy Reviews, 6(11), 1–5. (Dioscoride et le De Materia Medica)

[11] Bouras-Vallianatos P., Käs F. (2024). « Treating with minerals in the Middle Ages: mūmiyāʾ (pitch-asphalt) and its medicinal uses in Byzantium ». Medical History. (usages gréco-romains documentés)

[12] Carrasco-Gallardo C., Guzmán L., Maccioni R.B. (2012). « Shilajit: A Natural Phytocomplex with Potential Procognitive Activity ». Int J Alzheimers Dis, 2012:674142.

[13] Carrasco-Gallardo C., Farías G.A., Fuentes P., Crespo F., Maccioni R.B. (2012). « Can nutraceuticals prevent Alzheimer’s disease? ». Arch Med Res, 43(8), 699–704.

[14] Andrade V. et al. (2023). « Scaling the Andean Shilajit ». Pharmaceuticals, 16(7):960.

[15] Kim S., Seo C., Park H., Kwon J.G., Kim J.K., Moon H.J., Lim S., Gho Y., Lee W.J., Choi Y., Lee S. (2024). « Shilajit, a Natural Phytocomplex Acts as a Neuroprotective Agent Against Amyloid Beta-induced Cytotoxicity and Inflammation ». Perspectives on Integrative Medicine, 3(2), 114–122. DOI : 10.56986/pim.2024.06.007.

Laisser un commentaire